Projets archéologiques

Malia (Crète)

Le site fut exploré pour la première fois en 1915 par Joseph Hazzidakis, éphore des antiquités de Crète. Les paysans trouvaient en effet au lieu-dit Azymo proche du village de Malia de nombreux sceaux en pierre et des fragments de feuilles d’or, qui laissaient présager l’existence à cet endroit d’un important site minoen. En menant une première exploration sur un plateau en faible hauteur dans la plaine, Joseph Hazzidakis y découvrit un palais, le deuxième en taille après celui de Knossos, qu’il commença d’explorer en 1915 et 1919. Il entama en 1920 une collaboration avec l’École française d’Athènes, qui poursuit depuis les recherches sur le site (www.efa.gr). Les vestiges d’un grand établissement minoen occupé d’environ 2650 à 1200 av. J.-C. y ont été découverts, et continuent d’être explorés.

Jan Driessen (Quartier Nu), Charlotte Langohr (Quartier Nu, Secteur Pi), Maud Devolder (Quartier Nu, Bâtiment Dessenne, Palais), Ilaria Caloi (Bâtiment Dessenne, Palais) et Thibaut Gomrée (Secteur Pi, Bâtiment Dessenne) sont directement impliqués dans les travaux, fouilles ou publications, menés par l’École française d’Athènes sur le site de Malia.


Le Quartier Nu

Situé immédiatement au Nord-Est du Quartier Mu et à 300 m environ au Nord-Ouest du palais de Malia, le Quartier Nu fut fouillé entre 1988 et 1993 sous la direction d’Alexandre Farnoux (École française d’Athènes – Paris IV) et de Jan Driessen. Il s’agit d’un complexe Minoen Récent IIIA2-B (environ 1370-1200 av. J.-C.) composé de trois ailes majeures construites autour d’une cour de 9,5 m sur 12 m bordée d’un portique dans sa partie sud.

Plan du Quartier Nu, avec les sondages menés sous les niveaux de sol MR IIIA2-B. Relevé J. Driessen ©EfA

Plan du Quartier Nu, avec les sondages menés sous les niveaux de sol MR IIIA2-B. Relevé J. Driessen ©EfA

Parmi les découvertes les plus exceptionnelles, on notera la présence dans l’angle sud-est de cette cour d’une mosaïque de galets de 2,60 m sur 2,60 m représentant un motif de spirales, de lignes et de losanges. Sur celle-ci, les restes d’une grande maquette de maison avec quatre fenêtres et un toit à pignon orné de deux cheminées furent mis au jour. L’ensemble a connu deux phases principales d’occupation séparées par une destruction causée par un tremblement de terre. C’est probablement ce séisme qui détruisit la pièce XIV isolée à l’extrémité Est du Quartier Nu, à l’intérieur de laquelle fut découvert un squelette, victime de la destruction par tremblement de terre qui mit fin à la première phase. Outre des pièces d’habitation, le Quartier Nu a livré les restes d’activités commensales identifiées par la présence de trois fosses dans lesquelles furent jetées de grandes quantités de céramique de très belle qualité.

Sélection de matériel céramique issu des niveaux MR IIIA2-B au Quartier Nu. Cliché Chr. Papanikolopoulos ©EfA 2

Sélection de matériel céramique issu des niveaux MR IIIA2-B au Quartier Nu. Cliché Chr. Papanikolopoulos ©EfA

Jan Driessen, co-responsable de la fouille, s’attache avec Alexandre Farnoux à la préparation de la publication finale du Quartier Nu. Charlotte Langohr est impliquée dans les recherches liées à la céramique MR IIIA2-B issue des fouilles de l’édifice. Maud Devolder a publié les sondages dans les niveaux néopalatiaux sous l’édifice.


Le Secteur Pi

Situé entre la crypte hypostyle et le Quartier Mu, le Secteur Pi, dont les fouilles sont dirigées par le Dr Maia Pomadère (École française d’Athènes-Université d’Amiens), est exploré depuis 2005. Le projet compte à ce jour cinq campagnes de fouille (2005, 2007, 2008, 2010, 2014) et déjà quatre campagnes d’étude. Les objectifs initiaux de ce projet étaient de fournir 1) une connaissance plus précise de l’urbanisme d’époque néopalatiale et de son évolution depuis le Bronze Ancien dans ce secteur central de la ville et 2) une meilleure définition d’une chrono-typologie céramique entre le MM III et le MR I. L’état actuel d’avancement des différentes études de spécialistes (architectes, céramologues, palynologue, archéozoologue, anthracologue, micromorphologue, ichtyologue, spécialistes des objets lithiques, etc.) permet de prévoir l’achèvement d’un premier volume (historique des fouilles, stratigraphie, architecture, présentation des espaces avec leur mobilier et publications de plusieurs catégories de matériel) en 2017.

Amphore lentoïde MM III du Secteur Pi, cl. Chr. Gaston. Relevé B. Konnemann ©EfA 2

Amphore lentoïde MM III du Secteur Pi, cl. Chr. Gaston. Relevé B. Konnemann ©EfA

En ce qui concerne la chronologie de son occupation, la stratigraphie architecturale couplée à l’étude céramologique permet de conclure à l’importance de la phase MM III dans le Secteur Pi, avec probablement deux destructions majeures et proches dans le temps. De très importants remaniements architecturaux sont ensuite rapidement entrepris, au début de la phase du MR IA, dont l’occupation se soldera également par un épisode de destruction important, suivi d’activités de remblayage assez colossales, mais qui ne donneront lieu à aucune réoccupation. Des niveaux prépalatiaux et protopalatiaux sont bien représentés, mais sont principalement mis en évidence par des sondages, excepté dans la partie nord-est du secteur, d’occupation protopalatiale. On retiendra que la définition précise de l’horizon d’occupation MM III du Secteur Pi apportera une plus-value certaine à la connaissance de l’histoire minoenne du site de Malia, puisque cette phase du site demeure aujourd’hui assez méconnue et a sans aucun doute été mal évaluée.


Le Bâtiment Dessenne

Lors du dégagement de la Cour Ouest du palais de Malia destiné à améliorer la présentation du site aux visiteurs, André Dessenne découvrit en 1960 au Sud de celle-ci une série de pièces dont certaines contenaient encore de grandes jarres de stockage. Celles-ci étaient disposées sur des banquettes basses en grès enduit de plâtre et longées par des rigoles qui menaient jusqu’à des vases collecteurs enfoncés dans le sol. Les nombreux vases mis au jour et la qualité de la finition des installations sur lesquelles ils étaient posés suggérèrent au fouilleur qu’il s’agissait de la partie Nord-Est d’un ensemble destiné au stockage de denrées liquides, peut-être placé sous l’autorité du palais directement voisin. Ces ‘Magasins Sud’ ou ‘Magasins Sud-Ouest’ changèrent de nom après le décès de l’archéologue, et ils sont généralement connus dans la littérature comme les ‘Magasins Dessenne’. Ils furent détruits à la fin du MM IIB (vers 1700 av. J.-C.), c’est-à-dire lors de la conflagration générale sur le site à la fin de la période protopalatiale, et qui touche également d’autres édifices comme le palais ou le Quartier Mu. Malgré l’intérêt pour l’édifice dont témoigna l’École française d’Athènes, celui-ci fut abandonné du fait du décès prématuré d’André Dessenne en 1963, et des découvertes spectaculaires au Quartier Mu, qui offraient un ensemble mieux préservé de la même période.

Séquence architecturale du Bâtiment Dessenne. Plan Devolder et Fadin 2012 ©EfA

Séquence architecturale du Bâtiment Dessenne. Plan Devolder et Fadin 2012 ©EfA

Depuis mai 2012, Maud Devolder dirige un nouveau projet d’étude et de publication de la ruine, en collaboration avec Ilaria Caloi (étude de la céramique), Thérèse Claeys (étude des vases en pierre) et Thibaut Gomrée (étude de l’urbanisme maliote). Un nouveau plan détaillé de la ruine fut dressé, et une nouvelle étude architecturale menée, qui ont permis de revoir le phasage de l’édifice. En effet, nous suggérons qu’un noyau composé de la partie Ouest des vestiges avait été érigé d’abord, auquel furent ensuite ajoutées, en deux phases distinctes, les pièces de stockage. Ainsi, l’appellation de ‘magasins’ nous apparaissait inappropriée, ces pièces appartenant à des additions à l’édifice initial, et nous avons privilégié le terme plus neutre de ‘Bâtiment Dessenne’. Ce phasage repose sur l’identification d’une technique de construction particulière, où des blocs de grès taillé sont placés à des endroits clefs de la structure (encadrement de portes, angles de murs et au sein des murs face à des supports intermédiaires). Ils indiquent le soin apporté par les constructeurs dans le positionnement de ces blocs, qui devaient soutenir une structure porteuse en bois. Cette technique a notamment permis d’ériger des balcons, mais aussi un étage au-dessus des pièces du premier édifice. Les pièces dévolues au stockage ajoutées au Nord-Est de l’édifice furent construites presqu’exclusivement en moellons bruts de calcaire. Elles n’étaient selon toute vraisemblance composées que d’un seul niveau.

Outre le volet architectural, le projet comportait également l’étude et la publication du matériel découvert par André Dessenne en 1960. Des objets en céramiques et en pierre étaient conservés dans les réserves de l’École française à Malia et de nombreux vases de stockage avaient été laissés en place dans l’édifice, protégés par un remblai, dont nous avons repris l’étude. Ilaria Caloi est en charge de l’étude de la céramique, Thérèse Claeys de celle des vases en pierre. L’étude a confirmé la datation MM IIB (vers 1700 av. J.-C.) de la destruction de l’édifice.

Sélection de matériel céramique issu du Bâtiment Dessenne. Cliché K. Papachrysanthou ©EfA

Sélection de matériel céramique issu du Bâtiment Dessenne. Cliché K. Papachrysanthou ©EfA

On manquait cependant de données relatives à la datation de la construction de l’édifice. À cette fin, des sondages furent menés en juillet 2014 sous les niveaux de sol de plusieurs pièces de l’édifice. Le matériel issu de ces sondages sera étudié en mai 2015 afin de déterminer la phase à laquelle le Bâtiment Dessenne fut construit. C’est l’un des objectifs essentiels du projet, car nous souhaitons placer l’édifice dans la chronologie maliote. Il s’agit vraisemblablement de l’un des ‘grands ensembles’ érigés sur le site au Protopalatial, et dont certains auteurs ont suggéré le rôle dynamique dans le développement de la culture matérielle crétoise.

Du fait du mauvais état de préservation de la ruine, le Bâtiment Dessenne fut remblayé. Pour compenser cette perte, un scan 3-D et une restitution photogrammétrique furent réalisés par l’équipe de l’I.M.S.-FORTH, en particulier Apostolos Sarris (I.M.S.-FORTH), Sylviane Déderix (AEGIS Research Group), Athos Agapiou (Cyprus Technical University) et Gianluca Cantoro (Leiden University). Les rapports et résultats de leurs travaux sont disponibles sur le site http://politeia.ims.forth.gr/

Les travaux ont été financés par l’École française d’Athènes, l’Institute for the Study of Aegean Prehistory (INSTAP) et le Fonds National de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS).


Le Palais de Malia

Le palais de Malia fut découvert en 1915 par l’éphore des antiquités grecques Joseph Hazzidakis, qui continua de l’explorer en 1919. En 1920 une collaboration fut entamée avec l’École française d’Athènes qui y poursuivit seule les travaux à partir de 1922. Une série de campagnes de fouilles successives menées jusqu’en 1935 mirent au jour l’ensemble d’un édifice composé de plusieurs ailes construites autour d’une Cour Centrale et donnant à l’Ouest sur une autre esplanade, soigneusement pavée (publications dans la collection des Études crétoises de l’École française d’Athènes).

La Crypte Hypostyle, le long du côté Ouest de la Cour Centrale du palais de Malia. Cliché M. Devolder ©EfA.

La Crypte Hypostyle, le long du côté Ouest de la Cour Centrale du palais de Malia. Cliché M. Devolder ©EfA.

Les premières traces d’occupation à l’emplacement du palais remontent au Minoen Ancien II (environ 2650-2250 av. J.-C.). Il s’agit de niveaux d’occupation découverts sous les sols plus récents de l’édifice, mais aussi de vestiges architecturaux masqués lors de phases de construction ultérieures, ou intégrés dans celles-ci. C’est par exemple le cas des restes de la ‘casemate’ I 1 donnant sur la Cour Ouest, où des murs Minoen Ancien II furent intégrés dans ceux du palais. Si les vestiges d’une occupation Minoen Ancien II, c’est-à-dire pendant l’époque prépalatiale, sont substantiels, il semble que le palais proprement dit ne soit pas construit avant le Minoen Moyen IA (environ 2100-1900 av. J.-C.). C’est à cette phase, qui entame sur le site la période protopalatiale, qu’un ensemble cohérent de pièces est érigé autour de la Cour Centrale. Un dépôt de fondation composé d’une théière et d’un bol du Minoen Moyen IA fut en effet découvert le long d’un mur dont l’orientation est reprise par d’autres murs plus récents et encore en place dans le palais. Il s’agit d’une découverte importante, car elle suggère que le palais de Malia fut construit à une date légèrement antérieure aux palais de Phaistos et de Knossos. Cette datation est par ailleurs corroborée par d’autres découvertes, dont des dépôts découverts lors de sondages menés sous les niveaux du palais par Olivier Pelon (publiés dans différents tomes du Bulletin de Correspondance Hellénique). Ce premier palais (protopalatial) sera détruit vers 1700 av. J.-C., avant d’être reconstruit (second palais, néopalatial) puis détruit à nouveau vers 1450 av. J.-C.

Vue de l’un des Magasins Est du palais de Malia, avec les

Vue de l’un des Magasins Est du palais de Malia, avec les banquettes en grès enduites de plâtre et les rigoles d’évacuation des liquides menant à un vase collecteur enfoncé dans le sol. Cliché M. Devolder ©EfA.

Parmi les vestiges architecturaux qui ont certainement composé le premier palais (environ 2100-1700 av. J.-C.) se trouvent l’aile Nord-Ouest, les Magasins Ouest, la Crypte Hypostyle et les pièces attenantes, l’aile au Nord de la Cour Centrale (qui formait une première Salle Hypostyle sous celle, néopalatiale, aujourd’hui visible) et les Magasins Est soigneusement construits avec leurs banquettes en grès enduites de plâtre et le long desquelles couraient des rigoles d’évacuation destinées à récupérer les liquides qui s’échappaient des vases de stockage. Il semble que dans le palais protopalatial la Cour Centrale était largement ouverte vers le Sud puisque ce n’est qu’au Néopalatial que l’aile Sud fut érigée. D’autre part, la Cour Centrale était au Protopalatial plus large qu’à la période suivante, comme l’indiquent les bases de colonnes qui formaient un premier portique du côté Ouest de cette cour, et qui furent intégrées dans l’aile Ouest du palais au Néopalatial, réduisant la largeur de la cour. Bien que l’on dispose de nombreux vestiges associés à ce premier palais, il est parfois difficile d’en donner une restitution précise. Ceci est dû non seulement à la présence importante des vestiges de l’époque ultérieure qui ont largement modifié ceux du premier palais, mais aussi au fait que la période protopalatiale (environ 2100-1700 av. J.-C.) fut longue, et que l’aspect de l’édifice a dû considérablement évoluer au cours de ces plusieurs siècles.

Les bases de la colonnade protopalatiale à l’Ouest de la Cour Centrale, intégrées ensuite dans les murs de l’aile Ouest au Néopalatial. Cliché M. Devolder ©EfA.

Les bases de la colonnade protopalatiale à l’Ouest de la Cour Centrale, intégrées ensuite dans les murs de l’aile Ouest au Néopalatial. Cliché M. Devolder ©EfA.

Après la destruction du premier palais vers 1700 av. J.-C., une destruction par incendie vraisemblablement causée par un tremblement de terre, et dont attestent plusieurs autres bâtiments sur le site (Bâtiment Dessenne, Quartier Mu), l’édifice est reconstruit. C’est à cette période, néopalatiale (1700-1450 av. J.-C.), qu’appartient la belle façade en grès (un matériau local extrait le long du littoral maliote) sur la Cour Ouest. Celle-ci est composée de projections et de redans qui devaient jouer habilement avec le soleil en offrant des zones d’ombre et de lumière. Les vestiges protopalatiaux sont intégrés dans le nouvel édifice, qui est également doté d’une grande aile Sud. Celle-ci vient fermer la Cour Centrale à cet endroit, ce qui reflète peut-être le souhait de restreindre ou au moins de contrôler l’accès à l’édifice. Les magasins Est sont réutilisés, mais les banquettes en grès enduites et longées de rigoles d’évacuation des liquides qui devaient s’échapper des vases stockés là sont abandonnées : le sol est rehaussé par la mise en place d’une couche de terre, ce qui laisse penser que ce sont désormais des denrées solides qui sont entreposées là. Des silos ajoutés au Sud-Ouest augmentent encore la quantité de denrées stockées dans l’édifice, qui dispose aussi des Magasins Ouest qui forment une grande partie de l’aile Ouest du palais, et remploient largement des murs de la phase précédente, protopalatiale.

Les silos construits au Sud-Ouest du palais au Néopalatial. Cliché M. Devolder ©EfA.

Les silos construits au Sud-Ouest du palais au Néopalatial. Cliché M. Devolder ©EfA.

Outre des espaces dévolus au stockage, le second palais est également doté de pièces d’apparat. Il s’agit principalement des pièces du Quartier III doté d’un Hall Minoen (une pièce bordée de piliers entre lesquels des portes peuvent être fermées et former une cloison continue) et d’un Bain Lustral (une pièce en sous-sol accessible par un escalier en chicane et dévolue à la toilette ou à des pratiques rituelles). La Crypte Hypostyle ouvrant sur la Cour Centrale continue d’être utilisée. Au Nord de celle-ci la ‘Loggia’ et un escalier sont ajoutés, tandis qu’au Sud un autre escalier d’accès à l’étage est construit. Ceci témoigne de l’élaboration du second palais, et notamment l’importance des pièces situées à l’étage de celui-ci, qui pouvaient constituer une sorte de Piano Nobile ouvrant par de grandes fenêtres sur les Cour Ouest et Centrale. De même, à l’étage de la Salle Hypostyle située au Nord de la Cour Centrale une autre salle est restituée, dotée de colonnes prolongeant à l’étage les piliers du rez-de-chaussée. J. W. Graham y a vu une salle de réception accessible à l’Est par un escalier donnant sur la Cour Centrale, tandis qu’un autre escalier d’accès menait du côté Nord à une série de cuisines et de magasins.

Les piliers en grès de la Salle Hypostyle au Nord de la Cour Centrale du palais de Malia. Cliché J. Driessen ©EfA.

Les piliers en grès de la Salle Hypostyle au Nord de la Cour Centrale du palais de Malia. Cliché J. Driessen ©EfA.

Le second palais est détruit par un incendie. Les fouilleurs furent frappés par le peu de matériel présent dans la ruine, qui semblerait indiquer que le palais avait été largement pillé avant ou pendant sa destruction. On ignore encore quelle fut la date précise de cette destruction, à la fin du Minoen Récent IA (vers 1530 av. J.-C.) ou lors de la phase suivante, au Minoen Récent IB (environ 1520-1440 av. J.-C.), mais peut-être les deux propositions sont-elles correctes, et certaines parties de l’édifice auraient survécu plus longtemps que d’autres.

Le nouveau projet du palais, placé sous l’égide de l’École française d’Athènes, vise à produire une synthèse de l’histoire de l’édifice, en insistant sur son état et son fonctionnement au cours des différentes phases de la chronologie minoenne. Il est dirigé par Maud Devolder (étude architecturale), en collaboration avec Ilaria Caloi (étude de la céramique).